Publié le 25 juillet 2026 par Équipe Objectif Gendarme
Histoire de la gendarmerie nationale : les dates du concours
Maréchaussée, 1791, germinal an VI, 2009 : l'histoire de la gendarmerie nationale en dates-repères, et ce qui tombe vraiment au concours SOG ou GAV.
L’histoire de la gendarmerie nationale n’est pas un chapitre décoratif que l’on saute pour réviser autre chose. C’est le socle qui explique pourquoi cette force est militaire, pourquoi elle est implantée jusque dans les petites communes, et pourquoi elle dépend aujourd’hui du ministère de l’Intérieur tout en restant une force armée. Quatre dates suffisent à tenir l’ensemble : 1536, 1720, 1791 et 2009. Voici ce qu’elles recouvrent, et la façon dont un jury peut vous les demander sans jamais prononcer le mot « histoire ».
D’où vient la gendarmerie avant qu’elle porte ce nom ?
De la maréchaussée. Le mot vient des maréchaux de France : leurs prévôts, les prévôts des maréchaux, exerçaient au départ une justice interne aux gens de guerre. Une police des soldats, pas une police des civils. Cette origine militaire n’a jamais disparu, et c’est le fil rouge de toute la suite.
Le basculement se joue au XVIe siècle. En 1536, François Ier élargit la mission de la maréchaussée aux vagabonds, aux étrangers, aux vols à main armée et au brigandage sur les routes. Autrement dit : la maréchaussée sort des camps militaires pour surveiller les chemins du royaume. Un corps militaire chargé de la sécurité des civils. La formule paraît banale aujourd’hui, elle est en réalité l’acte de naissance conceptuel de la gendarmerie.
Deuxième bascule, et celle-là est décisive pour comprendre la carte de France actuelle : l’édit de mars 1720. Il réorganise la maréchaussée autour d’une structure territoriale, avec des prévôts généraux dans chaque province et surtout des brigades de quatre à cinq hommes chargées de patrouiller les routes. La brigade naît là. Trois siècles plus tard, c’est encore la maille de base de l’institution, et le plan de déploiement voté au budget 2026 parle toujours de nouvelles brigades. Peu d’institutions françaises peuvent revendiquer une continuité pareille.
Retenez donc l’enchaînement : police des militaires, puis police militaire des civils, puis maillage territorial par brigades. Trois étapes, trois logiques différentes.

Pourquoi 1791 et 1798 sont-elles les deux vraies dates fondatrices ?
Parce que la première donne le nom, la seconde donne la doctrine.
Le 16 février 1791, l’Assemblée constituante supprime la maréchaussée d’Ancien Régime et réorganise cette force sous le titre de gendarmerie nationale. Ce n’est pas une simple opération de communication révolutionnaire. Le corps change de nature juridique : il cesse d’être une justice prévôtale pour devenir une force chargée de faire exécuter la loi. La formule officielle de la Gendarmerie résume la journée : la maréchaussée est morte, vive la gendarmerie.
Sept ans plus tard vient le texte que beaucoup de candidats ignorent alors qu’il est bien plus important : la loi du 28 germinal an VI, soit le 17 avril 1798. C’est elle qui fixe les principes d’action de la gendarmerie et clarifie ses attributions en matière de police administrative et de police judiciaire. Elle organise la force, définit ses missions, et pose le cadre qui va tenir.
Combien de temps ? Deux siècles. Voilà le chiffre à retenir absolument : depuis la loi du 28 germinal an VI, aucune loi n’était venue traiter globalement de l’organisation et des missions de la gendarmerie nationale jusqu’aux années 2000. Une loi de 1798 encore structurante en l’an 2000. Si une question de culture générale institutionnelle vous demande quel texte a régi la gendarmerie pendant deux siècles, c’est celui-là, et pas la loi de 1791.
Le piège classique à ce niveau : confondre les deux dates. 1791 = le nom et le principe. 1798 = l’organisation et les missions. Si vous ne devez retenir qu’une distinction de tout cet article, prenez celle-ci.
La loi du 28 germinal an VI a constitué le texte fondateur de la force en définissant ses principes d’action et en clarifiant ses attributions.
Que faut-il retenir des XIXe et XXe siècles ?
Là, inutile d’apprendre une liste de trente dates. Quatre jalons couvrent l’essentiel de ce qui peut tomber.
1850, la brigade par canton. La loi installe une brigade de gendarmerie par canton. En 1851, on compte environ 16 500 gendarmes répartis dans plus de 3 000 brigades. C’est le moment où la gendarmerie devient l’institution du quotidien rural, celle que tout le monde identifie dans son village. Ce choix historique explique encore aujourd’hui la répartition des zones : la gendarmerie couvre la majorité du territoire national, la police nationale couvre les grandes agglomérations.
1921, la gendarmerie mobile. Des pelotons mobiles sont formés pour le maintien de l’ordre. La gendarmerie se dote d’une force de réserve générale, projetable, distincte des brigades territoriales sédentaires. Vous avez là l’origine de la distinction gendarmerie départementale contre gendarmerie mobile, qui est une question de fiche métier autant que d’histoire.
1972 puis 1983, l’ouverture aux femmes. Les femmes sont d’abord admises dans des fonctions administratives en 1972, avant d’accéder aux carrières d’officier et de sous-officier en 1983. Une date utile, parce qu’elle relie l’histoire de l’institution à celle de l’égalité entre femmes et hommes, sujet qui traverse largement les épreuves de culture générale et les questions sur les valeurs de la République.
1er mars 1974, le GIGN. Le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale est créé à Maisons-Alfort, sous l’impulsion du lieutenant Christian Prouteau, dans le contexte qui suit la prise d’otages meurtrière des Jeux olympiques de Munich en septembre 1972. C’est l’unité la plus connue du grand public. Un candidat qui la situe en 1968 ou en 1984 se signale immédiatement.
En quoi la loi du 3 août 2009 a-t-elle tout changé sans rien changer ?
C’est le paradoxe le plus intéressant du programme, et il tombe régulièrement.
La loi n° 2009-971 du 3 août 2009 relative à la gendarmerie nationale organise le rattachement organique de la gendarmerie au ministère de l’Intérieur, précise les attributions respectives des ministres de la Défense et de la Justice, et fixe les missions de la force. Sur le papier, c’est un séisme institutionnel : le corps passe budgétairement et fonctionnellement sous l’autorité de la place Beauvau.
Sauf que le même texte réaffirme explicitement le statut militaire de la gendarmerie. Rien n’a été civilisé. Un gendarme reste un militaire, avec les obligations et les droits qui vont avec, y compris l’absence de droit de grève et de droit syndical au sens classique. C’est exactement pour cela que la question piège existe : « depuis 2009, la gendarmerie est-elle devenue une police civile ? » Non. Elle est employée par l’Intérieur et reste une force armée.
Si vous voulez creuser ce point précis, qui est le plus rentable de tout le programme institutionnel, l’article consacré au statut militaire de la gendarmerie le détaille avec les articles du Code de la défense. Le texte intégral de 2009 est consultable sur Légifrance.
Un dernier repère de contexte, parce qu’un jury apprécie qu’on situe l’institution dans le présent : la gendarmerie compte aujourd’hui de l’ordre de 100 000 militaires d’active, auxquels s’ajoutent plusieurs dizaines de milliers de réservistes opérationnels. Une force de masse, pas une petite administration.

Comment mémoriser ces repères sans y passer trois semaines ?
En arrêtant de réviser l’histoire de la gendarmerie comme une frise, et en la révisant comme une chaîne de causes.
Prenez un enchaînement, pas une liste. 1536 : la maréchaussée sort de l’armée et surveille les routes, donc elle devient utile aux civils. 1720 : elle a besoin de couvrir le territoire, donc on invente la brigade. 1791 : la Révolution refonde et renomme. 1798 : il faut une doctrine durable, donc germinal an VI. 1850 : une brigade par canton, donc l’ancrage rural. 2009 : l’emploi passe à l’Intérieur, mais le statut militaire ne bouge pas. Chaque date répond à un besoin de la précédente. Une chaîne se retient trois fois mieux qu’une liste.
Ensuite, testez-vous en conditions de QCM. Lire une chronologie donne le sentiment de savoir. Répondre à une question de dates montre ce que l’on sait réellement, et l’écart entre les deux est souvent brutal. L’entraînement sur le thème Histoire de France d’Objectif Gendarme fonctionne exactement sur ce principe : question, réponse, correction expliquée, et vous voyez immédiatement si votre repère tient ou s’effondre. Quand les dates sont solides, passez en examen blanc chronométré pour vérifier qu’elles restent accessibles sous pression, ce qui est un tout autre exercice.
Et regardez le programme complet de l’épreuve sur la fiche concours de sous-officier de gendarmerie avant de décider combien de temps vous consacrez à l’histoire institutionnelle. Le calibrage compte autant que le contenu : quelques dates parfaitement maîtrisées valent mieux qu’une chronologie de deux pages à moitié digérée.
Reste une question à creuser pour la suite de vos révisions : pourquoi le partage des zones entre gendarmerie et police nationale suit-il encore, en 2026, un découpage hérité du XIXe siècle ? La réponse vous fera comprendre bien plus que la seule histoire de l’institution.
