Objectif Gendarme

Publié le 26 août 2026 par Équipe Objectif Gendarme

Mémoriser les dates du concours de gendarmerie : la méthode

Mémoriser les dates pour le concours de gendarmerie sans les oublier : la répétition espacée, le calendrier de reprises et les erreurs qui ruinent une révision.

Vous avez révisé 1789, 1875, 1905, 1958. Trois semaines plus tard, devant la copie, il ne reste qu’une bouillie de chiffres. Le problème n’est presque jamais votre mémoire : c’est le moment où vous révisez. Mémoriser les dates du concours de gendarmerie demande moins d’heures que vous ne croyez, à condition de les répartir autrement. La répétition espacée consiste à revoir une information juste avant de l’oublier, à intervalles qui s’allongent. Voici comment la caler sur un vrai calendrier de préparation.

Courbe de l’oubli d’Ebbinghaus et effet des révisions espacées sur la rétention des dates, avec des reprises à J+1, J+3, J+7, J+16 et J+35

La trace laissée par une seule lecture s’effondre en quelques jours. Chaque reprise la remonte et aplatit la pente suivante. Schéma Objectif Gendarme, d’après les travaux d’Ebbinghaus.

Pourquoi oublie-t-on 80 % de ce qu’on a révisé en deux jours ?

Le phénomène a été mesuré il y a plus d’un siècle. En 1885, le psychologue allemand Hermann Ebbinghaus publie Über das Gedächtnis, une série d’expériences menées sur lui-même avec des listes de syllabes sans signification. Résultat : la rétention chute très vite dans les heures qui suivent l’apprentissage, puis la pente s’adoucit. C’est ce qu’on appelle depuis la courbe de l’oubli. En une journée, une bonne moitié de ce qui a été appris une seule fois a déjà disparu.

Traduit en langage de candidat : une soirée passée à apprendre la chronologie des cinq Républiques ne laisse presque rien trois jours plus tard, sauf si vous y revenez. Ce n’est pas un défaut personnel. C’est le fonctionnement normal d’un cerveau qui trie et jette ce qu’il juge inutile, et une information vue une fois passe pour inutile.

L’autre face de la courbe est bien plus encourageante. Chaque reprise remonte la rétention au sommet, et surtout, elle rend la chute suivante plus lente. Après quatre ou cinq passages bien placés, une date tient des mois sans effort. C’est pour cela que le travail régulier écrase le bachotage, même à volume horaire identique.

Relire ses fiches ou se tester : que dit la recherche ?

La plupart des candidats révisent en relisant. C’est confortable, ça donne une sensation de maîtrise, et ça ne marche pas. Henry Roediger et Jeffrey Karpicke l’ont montré dans une expérience devenue une référence de la psychologie cognitive, publiée en 2006 dans Psychological Science sous le titre Test-Enhanced Learning.

Deux groupes d’étudiants, un même texte, un même temps de travail. Le premier relit plusieurs fois. Le second lit une fois, puis se teste. Cinq minutes après la séance, les relecteurs paraissent gagnants, autour de 83 % de restitution contre 71 %. Une semaine plus tard, la hiérarchie s’inverse brutalement : 61 % pour ceux qui se sont testés, 40 % pour ceux qui ont relu.

Se tester n’est pas une façon de mesurer ce qu’on sait. C’est une façon d’apprendre.

Retenez la conséquence pratique, elle est brutale. La relecture crée un sentiment de familiarité qui se dissipe en quelques jours. Le rappel actif, lui, oblige le cerveau à reconstruire l’information, et c’est cette reconstruction qui grave la trace. Une question de QCM à laquelle vous répondez de tête, sans regarder, vaut plusieurs relectures de la même fiche.

Quel calendrier de reprises tenir jusqu’au jour de l’épreuve ?

Le principe est simple : revoir juste avant d’oublier, puis espacer davantage à chaque succès. Un rythme qui fonctionne bien pour une préparation de concours tient en cinq passages.

  1. Le jour même, en fin de séance, un rappel rapide de ce que vous venez d’apprendre, sans le support sous les yeux.
  2. J+1, une reprise courte, dix minutes suffisent pour un bloc de vingt dates.
  3. J+3, même exercice, en ne reprenant que ce qui a résisté.
  4. J+7, la reprise qui fait basculer une information vers le long terme.
  5. J+16 puis J+35, deux passages d’entretien, très rapides.

Ce qui compte n’est pas la précision du calendrier, c’est la progression des intervalles. Un item raté redescend d’un cran : vous le revoyez le lendemain, pas dans deux semaines. Un item su monte d’un cran. Cette règle unique fait tout le travail de tri à votre place, et elle évite le piège classique du candidat qui repasse quinze fois sur les dates qu’il connaît déjà parce qu’elles sont agréables à réciter.

Reste la question du volume. Comptez large : un candidat qui vise la composition de culture générale du concours de sous-officier manipule facilement deux cents repères entre l’histoire de France, les institutions, les symboles républicains et l’actualité. À raison de vingt minutes par jour bien placées, c’est absorbable en six à huit semaines. À raison de deux week-ends de bourrage, non.

Comment appliquer la répétition espacée à la culture générale du concours ?

La méthode vaut pour n’importe quel support, papier compris. Des fiches cartonnées avec la question devant et la réponse derrière, trois boîtes pour trier selon le rythme de reprise, et vous avez un système qui fonctionne depuis les années soixante.

Un QCM chronométré fait le même travail en supprimant la partie fastidieuse. Vous répondez, la correction expliquée arrive derrière, et la question revient dans un prochain passage sur le thème. Sur Objectif Gendarme, l’entraînement par thème sert exactement à cela : vous prenez Histoire de France ou Cadre institutionnel et politique en séance courte, tous les jours, plutôt qu’un marathon le dimanche.

Quelques repères pour organiser vos paquets par thème :

  • Histoire de France : les bornes des régimes avant les détails. 1789, 1792, 1804, 1848, 1870, 1875, 1946, 1958. Les événements se rangent ensuite tout seuls dans ces cases. Le détail des grandes dates de l’histoire de France mérite un paquet à part.
  • Institutions : durée des mandats, effectifs des deux assemblées, majorités requises. Ce sont des chiffres nus, parfaits pour la répétition espacée.
  • Valeurs et symboles : les dates d’officialisation, 1848 pour la devise, 1905 pour la séparation des Églises et de l’État, à ne pas confondre avec les dates d’apparition.
  • Actualité : paquet vivant, à réalimenter chaque semaine et à purger de ce qui a vieilli.

Une fois toutes les deux semaines, remplacez la séance du jour par un examen blanc chronométré. Le format complet, sous pression de temps, révèle les repères que vous croyiez tenir et qui s’effacent dès que le chrono tourne. C’est un rappel actif en conditions dégradées, donc le plus formateur de tous.

Les erreurs qui ruinent une préparation, même sérieuse

Le surlignage arrive en tête. Passer un feutre jaune sur une fiche donne l’impression d’avoir travaillé alors que rien n’a été rappelé de mémoire. Même chose pour la recopie de cours, très populaire et très inefficace pour des dates.

Deuxième erreur : tout revoir à chaque séance. Une révision qui repasse sur l’intégralité du programme s’écroule dès que le volume augmente, parce que le temps nécessaire croît avec le nombre de fiches au lieu de rester stable. Le tri par intervalle existe pour éviter ça.

Troisième erreur, la plus coûteuse : commencer trop tard. La répétition espacée a besoin de semaines pour produire son effet, elle ne se comprime pas. Les épreuves d’admissibilité de la session de septembre 2026 sont fixées au mercredi 23 septembre 2026 par l’arrêté du 15 décembre 2025, avec une composition écrite de trois heures. Un candidat qui démarre ses reprises à trois jours de l’épreuve n’aura eu qu’un seul passage sur chaque repère, et la courbe d’Ebbinghaus fera le reste.

Dernière erreur, plus discrète : réviser sans jamais se tromper. Un paquet de questions que vous réussissez à 100 % ne vous apprend plus rien. Visez un taux d’échec autour de deux questions sur dix. C’est inconfortable, et c’est le signe que vous travaillez à la bonne difficulté.

Ce qu’il faut retenir tient en trois gestes. Testez-vous au lieu de relire. Espacez les reprises au lieu de les entasser. Faites redescendre d’un cran ce que vous ratez. Le reste, c’est de la régularité, et vingt minutes par jour valent mieux que trois heures le samedi. Pour caler ces reprises sur un vrai calendrier de préparation, le planning de révision sur plusieurs semaines donne le squelette dans lequel glisser vos paquets.

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