Publié le 21 octobre 2026 par Équipe Objectif Gendarme
Présidents de la Ve République : liste et pièges du concours
Les présidents de la Ve République dans l'ordre, avec leurs dates et les pièges du QCM : intérims d'Alain Poher, septennat, cohabitations. Méthode pour le concours de gendarmerie.
Combien de présidents la Ve République a-t-elle connus ? Huit. De Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron. La liste des présidents de la Ve République se récite en dix secondes, et pourtant elle fait perdre des points chaque année au concours de gendarmerie. Pas sur l’ordre des noms. Sur les détails autour : qui a assuré l’intérim, quand le septennat a disparu, combien de cohabitations, qui est mort en fonction. Voici la liste avec ses dates, puis les pièges que nous voyons revenir dans les questions de culture générale, et une façon de les mémoriser sans y passer la semaine.

Le palais de l’Élysée, rue du Faubourg-Saint-Honoré, où ont siégé les huit présidents de la Ve République. Photo Leynadmar, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Quels sont les présidents de la Ve République, dans l’ordre ?
Le site officiel de l’Élysée donne la liste avec les années de mandat. C’est la base à connaître par cœur :
- Charles de Gaulle : 1959-1969
- Georges Pompidou : 1969-1974
- Valéry Giscard d’Estaing : 1974-1981
- François Mitterrand : 1981-1995
- Jacques Chirac : 1995-2007
- Nicolas Sarkozy : 2007-2012
- François Hollande : 2012-2017
- Emmanuel Macron : depuis 2017, réélu en 2022
Première remarque utile. De Gaulle est élu en décembre 1958, mais son mandat commence en janvier 1959. Si une question demande « en quelle année le premier président de la Ve République prend-il ses fonctions ? », c’est 1959. Si elle demande l’année de la Constitution, c’est 1958 (le 4 octobre). Deux dates voisines, deux réponses différentes. Le piège est grossier, mais il marche sous le chrono.
Deuxième remarque. De Gaulle, en 1958, n’est pas élu par les Français directement. Il l’est par un collège d’environ 82 000 grands électeurs (parlementaires, conseillers généraux, représentants des conseils municipaux). L’élection au suffrage universel direct n’arrive qu’après le référendum du 28 octobre 1962, et elle est appliquée pour la première fois en 1965. Cette année-là, De Gaulle est mis en ballottage et doit passer par un second tour, face à un certain François Mitterrand. Retenez ce duel : il revient souvent comme question « surprise » parce que les candidats imaginent un De Gaulle élu sans combat.
Alain Poher, président de la République ? Le piège de l’intérim
C’est la question qui fait le tri. Un QCM vous propose : « Combien de fois Alain Poher a-t-il exercé les fonctions de président de la République ? » Beaucoup de candidats ne connaissent même pas le nom. La bonne réponse est deux fois.
La règle est écrite à l’article 7 de la Constitution :
« En cas de vacance de la Présidence de la République pour quelque cause que ce soit […] les fonctions du Président de la République […] sont provisoirement exercées par le président du Sénat. »
Alain Poher était président du Sénat. Il assure donc l’intérim en 1969, après la démission du général de Gaulle le 28 avril 1969, au lendemain de l’échec de son référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat. Puis une seconde fois en 1974, après la mort de Georges Pompidou le 2 avril 1974, jusqu’à l’installation de Valéry Giscard d’Estaing fin mai.
Ce que vous devez en tirer pour le concours :
- Poher n’est pas compté parmi les huit présidents. Un intérimaire n’est pas élu, il exerce provisoirement les fonctions. Si une réponse propose « neuf présidents », c’est le distracteur construit sur Poher.
- Pompidou est le seul président de la Ve République mort en cours de mandat. De Gaulle, lui, a démissionné. Ne confondez pas les deux interruptions.
- L’intérimaire ne peut ni recourir au référendum (article 11) ni dissoudre l’Assemblée nationale (article 12). Une question de niveau supérieur peut porter là-dessus.
- Depuis 1974, aucune vacance ne s’est produite. Si un énoncé évoque un « intérim de 1995 » ou « de 2007 », il est faux : ce sont de simples passations entre deux présidents élus.
Petit détail qui fait sourire mais qui aide à retenir : en 1969, Poher se présente à l’élection qu’il organise en tant qu’intérimaire, et il est battu au second tour par Pompidou.
Septennat, quinquennat, deux mandats : les dates de la règle du jeu
La liste des noms ne suffit pas. Les questions portent aussi sur les règles du mandat, parce qu’elles appartiennent au thème Cadre institutionnel et politique. Deux réformes à situer sans hésiter, et un record qui en découle.
Le quinquennat. Jusqu’en 2002, le président était élu pour sept ans. Le référendum du 24 septembre 2000 ramène la durée à cinq ans. Le premier quinquennat est donc celui de Jacques Chirac, réélu en 2002. D’où une bizarrerie à connaître : Chirac a fait un septennat (1995-2002) puis un quinquennat (2002-2007), ce qui donne douze ans à l’Élysée, et pas quatorze.
La limite de deux mandats. Elle vient de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, sous Nicolas Sarkozy. L’article 6 dit désormais :
« Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. »
Le mot qui compte est consécutifs. Une question peut vous demander si un ancien président peut se représenter après une pause. Le texte ne l’interdit pas.
Le record de durée. François Mitterrand, avec deux septennats complets (1981-1988, puis 1988-1995), reste le président resté le plus longtemps en fonction sous la Ve République : quatorze ans. Avec le quinquennat et la limite de 2008, ce record ne peut plus être battu, puisque le maximum est désormais de dix ans consécutifs.
Enfin, l’actualité. Le second mandat d’Emmanuel Macron court jusqu’au 14 mai 2027. Le calendrier de l’élection présidentielle a été arrêté en Conseil des ministres le 1er juillet 2026 : premier tour le 18 avril 2027, second tour le 2 mai 2027. Comme il exerce son deuxième mandat consécutif, il ne peut pas être candidat. Si vous passez une session au printemps 2027, attendez-vous à ce que l’élection tombe dans la partie actualité.
Les cohabitations : à quoi servent-elles dans un QCM ?
Une cohabitation, c’est un président qui doit nommer un Premier ministre issu de la majorité adverse à l’Assemblée nationale. La Ve République en a connu trois, et les dates s’apprennent par paires :
| Période | Président | Premier ministre |
|---|---|---|
| 1986-1988 | François Mitterrand | Jacques Chirac |
| 1993-1995 | François Mitterrand | Édouard Balladur |
| 1997-2002 | Jacques Chirac | Lionel Jospin |
La dernière est la plus longue et la plus intéressante pour un candidat : elle naît d’une dissolution décidée par Chirac en avril 1997, alors que son camp était majoritaire. Les élections législatives qui suivent donnent la majorité à la gauche. C’est l’exemple classique de dissolution qui se retourne contre celui qui l’a prononcée, et il sert souvent d’illustration dans les questions sur l’article 12.
Le piège habituel consiste à proposer « Giscard d’Estaing et Chirac » comme cohabitation. Chirac a bien été Premier ministre de Giscard (1974-1976), mais ils appartenaient au même camp. Ce n’était pas une cohabitation.
Comment mémoriser la liste sans y passer la semaine ?
Notre position est simple : n’apprenez pas une liste, apprenez une histoire avec des ruptures. Huit noms isolés s’oublient. Huit noms reliés par des événements tiennent jusqu’au jour J.
Voici ce que nous conseillons aux candidats qui préparent le concours de sous-officier de gendarmerie ou de gendarme adjoint volontaire :
- Accrochez chaque changement de président à sa cause. De Gaulle part sur un référendum perdu, Pompidou meurt, Giscard perd face à Mitterrand en 1981 (l’alternance), Chirac succède à Mitterrand, Sarkozy, Hollande puis Macron arrivent par l’élection. Deux interruptions anormales seulement, donc deux intérims. Tout se tient.
- Travaillez les dates en couples. 1958 et 1962 (Constitution, puis suffrage universel direct). 2000 et 2008 (quinquennat, puis limite des mandats). 1969 et 1974 (les deux intérims de Poher). Les questions jouent presque toujours sur la confusion entre deux dates proches.
- Collez une loi marquante sur chaque nom. Giscard d’Estaing, c’est la majorité civile abaissée à 18 ans (loi du 5 juillet 1974). Mitterrand, c’est l’abolition de la peine de mort (loi du 9 octobre 1981). Un nom relié à un texte se retrouve plus vite qu’un nom seul.
- Faites-vous interroger sous le chrono. Réciter la liste chez soi, tout le monde y arrive. Retrouver « 2000 » quand le QCM propose 1995, 2000, 2002 et 2008 en quelques secondes, c’est une autre affaire. La pression du temps révèle les dates que vous croyez savoir.
Ce dernier point est la raison d’être du mode Examen Blanc chronométré d’Objectif Gendarme. Les questions sur les institutions et sur l’histoire récente sont dans les thèmes Cadre institutionnel et politique et Histoire de France, avec une correction expliquée après chaque réponse : vous voyez tout de suite pourquoi « neuf présidents » était le mauvais choix. Les premières questions sont gratuites sans compte, et la Préparation Complète à 9,90 € en achat unique ouvre toute la banque et les examens blancs illimités.
Une fois la liste en tête, l’étape suivante consiste à savoir ce que le président peut réellement faire : nomination du Premier ministre, dissolution, article 16, chef des armées. C’est l’objet de notre article sur le rôle du président de la République au concours, à lire dans la foulée. Et si vous voulez replacer ces huit mandats dans la longue durée, notre fiche sur la Ve République reprend la Constitution de 1958 et ses grandes révisions.
Pour vérifier un texte à la source, le texte intégral de la Constitution est publié par le Conseil constitutionnel, et la galerie des présidents sur le site de l’Élysée.
Dernière question pour tester vos réflexes : qui était Premier ministre quand le quinquennat a été adopté par référendum ? Si vous avez répondu Lionel Jospin, vous avez compris comment les cohabitations et les réformes s’emboîtent.
